Les armes que personne ne voit
Dans le jianghu (江湖 jiānghú), l'arme la plus dangereuse est souvent celle que vous ne savez pas qu'elle existe. Un épéiste en face de vous — épée dégainée, posture visible, technique identifiable — est une quantité connue. Vous pouvez évaluer la menace, choisir votre réponse et vous battre en conséquence. Mais la personne assise tranquillement à la table derrière vous, avec trois aiguilles empoisonnées entre les doigts et un lanceur de fléchettes à ressort dans la manche ? Voilà la menace qui tue les grands maîtres.
Les armes cachées (暗器 ànqì, littéralement "outils sombres") sont le grand égalisateur du jianghu : des outils qui permettent aux combattants de niveau intermédiaire de menacer des maîtres de haut niveau, qui récompensent la préparation plutôt que la puissance brute, et qui transforment toute rencontre — un banquet, une maison de thé, un chemin de montagne — en une embuscade potentielle.
Catégorie Un : Armes lancées (手掷暗器 shǒu zhì ànqì)
Ce sont des projectiles lancés à la main, nécessitant une habileté manuelle et une technique physique. Ce sont les armes cachées les plus "honnêtes" — elles nécessitent toujours que l'utilisateur vise, lance et maintienne la ligne de vue.
Couteaux volants (飞刀 fēidāo) — Les plus célèbres grâce à la Petite Dague Volante de Li Xunhuan (李寻欢) (小李飞刀 Xiǎo Lǐ Fēidāo) des romans de Gu Long. Un couteau de lancer standard pèse quelques onces, est équilibré pour la rotation en vol et peut tuer à des distances allant jusqu'à 30-40 pieds entre les mains d'un utilisateur compétent. La version de Li Xunhuan ne manque jamais — mais c'est de la fiction. Les vrais couteaux de lancer nécessitent une pratique extensive et perdent leur létalité à distance.
Chardons en fer (铁蒺藜 tiě jílí) — Objets en métal en forme d'étoile dispersés sur le sol ou lancés directement sur des adversaires. Lorsqu'ils sont éparpillés, ils créent des zones que les combattants pieds nus ou à semelles souples ne peuvent pas traverser sans se blesser. Lorsqu'ils sont lancés, ils sont peu précis mais créent un motif de diffusion difficile à éviter.
Graines de lotus en fer (铁莲子 tiě liánzǐ) — Petites billes métalliques rondes flickées par le pouce et l'index. Chacune est faible individuellement, mais un pratiquant habile peut les tirer rapidement, créant un motif d'impact qui submerge même des défenseurs compétents. Pensez à elles comme à l'équivalent du feu semi-automatique dans le jianghu.
Pièces de monnaie et objets du quotidien — Au plus haut niveau de maîtrise des armes cachées, tout peut devenir un projectile. Une baguette, une pièce d'échecs, une pièce de cuivre — lorsqu'ils sont propulsés par une énergie interne suffisante (内功 nèigōng), ils deviennent létaux. Cela est considéré comme le sommet de l'art : le maître qui n'a pas besoin d'une arme spécialisée parce que son qi (气 qì) transforme des objets ordinaires en instruments de mort.
Catégorie Deux : Armes mécaniques (机括暗器 jīkuò ànqì)
Celles-ci utilisent des ressorts, des gâchettes ou d'autres mécanismes mécaniques pour lancer des projectiles. L'utilisateur n'a pas besoin de compétence en lancer — juste la capacité de viser l'appareil et de le déclencher.
Flèches de manche (袖箭 xiùjiàn) — Tubes à ressorts fixés à l'avant-bras qui tirent de courtes flèches avec un mouvement du poignet. Le mécanisme est dissimulé sous la manche (d'où le nom). Les versions standard tirent des coups simples ; les versions avancées de la Clan Tang (唐门 Tángmén) tirent plusieurs projectiles à la fois.